Exposition « Naturae »

Exposition « Naturae »

Exposition NATURAE – de la nature des choses. Installations – Sculptures – Peintures
André Marastoni et Nadine Montel
Du 21 octobre au 3 novembre 2019 – tous les jours de 14h à 19h (1er novembre compris)
Entrée libre

Présentation d’André MARASTONI
« Ce titre de l’exposition résonne pour moi l’importance de continuer à rester en contact avec la nature qui reste un chemin privilégié pour l’ouverture d’esprit.
C’est lors de mon exposition, ici-même à la Ferme de Bressieux qu’il m’est venue l’idée de faire un travail spécifique sur les ombres projetées de mes sculptures.
Tout est parti de l’observation d’un visiteur qui me fît remarquer, au sol, l’ombre d’une sculpture. Il venait de m’indiquer sans le vouloir l’objet de ma prochaine exposition.
Cette idée s’est imposée comme une évidence, une évidence qui m’invitait en quelque sorte à explorer un nouveau chemin.
Je me suis alors interrogée sur la manière de travailler ces ombres : doivent-elles être simplement projetées sur les murs ou sur le sol? Ou sur un autre support ? Comment travailler avec la lumière ? …
La chose qui me paraissait essentielle était de savoir comment traduire le ressenti profond lié à ce moment où le visiteur m’avait interpellé sur cette ombre posée au sol.
Ce travail est pour moi une invitation, un voyage vers l’inconnu. C’est ce parcours que je propose aussi de partager avec les visiteurs de cette nouvelle exposition.
J’ai toujours vu dans les formes de mes sculptures un aspect calligraphique, comme des lignes tracées dans l’espace. C’est un peu cette idée qui a orienté mon travail vers l’encre de chine et le support papier.
L’ombre projetée s’inscrit dans un instant suspendu en une image furtive et éphémère. Elle peut être captée et devenir une écriture qui nous raconte un aspect de notre réalité. Elle renvoie quelque chose de ma propre empreinte d’homme et d’artiste. Elle révèle une autre étape de mon processus créatif.
L’ombre est souvent connotée comme mortifère. On peut faire le lien avec le bois mort que j’utilise pour mes sculptures.
Faire cette expérience avec l’ombre c’est contacter cet espace de la mort : comment vais-je m’y confronter ? Me laisser engloutir ? Ou saisir un fil conducteur de vie au cœur des lignes tracées?
Seule l’expérimentation pourra me donner une réponse : rien n’est inscrit par avance.
De la même manière que je choisis mes bois en montagne en dialoguant avec la matière, je vais choisir l’orientation de la sculpture dans l’espace de lumière pour obtenir son ombre particulière .Choisir une ombre qui va pouvoir communiquer …
Je me rends compte à l’écriture de ces lignes de la puissance du ressenti qu’a été le mien lors de l’interpellation sur cette ombre qui interroge fondamentalement sur la vie et la mort. Elle m’indique de chercher au plus profond du désespoir une ligne de vie, au cœur de l’ombre la lumière. »

Nadine Montel est née le 26 Décembre 1964 à St Marcellin dans l’Isère.
Elle vit à Voiron (Isère) et a aménagé son atelier à son domicile.
Dans un premier temps la volonté première de Nadine Montel a été de travailler avec un seul médium, l’acrylique.
Durant dix années elle explore cette technique en s’isolant volontairement du monde extérieur et accomplit un travail de reconstruction et de transformation personnelle. Un peu comme si la peinture lui permettait de se reconnecter à sa matrice afin de renaître une nouvelle fois, différente.
L’année 2010 a été un tournant important de son parcours. La disparition prématurée et l’accompagnement dans la mort du père de ses enfants a provoqué chez elle une profonde nécessité de faire corps avec sa créativité.
Le geste est soudainement devenu envolé, empli d’une force de vie, d’un puissant souffle créateur jusqu’ici contenu, comme une réponse à la mort, à la disparition.
Par la suite Nadine Montel lâche toute volonté de comprendre, d’apprendre ou de connaître et décide de laisser aller son inconscient vers ses racines profondes.
Le travail acharné s’allège, devient des moments de connexion à la vie où le geste créateur se manifeste naturellement.
Elle découvre sa capacité à s’imprégner de l’essence des choses, de sa constante communication qu’elle établit avec le monde ainsi que de cette inlassable question qu’elle pose à ce qui l’entoure « Qui es-tu ? » comme une résurgence de son propre questionnement « Qui suis-je ? »
Au fil du temps l’appel de la nature amène Nadine Montel à travailler à l’extérieur dans le chemin d’Art de Montaud (Vercors).
Elle explore le monde végétal, minéral et s’investit dans le Land Art où son geste épouse naturellement les éléments.
Le travail sur la légèreté, l’évanescence et la délicatesse l’amène par la suite à créer des installations végétales d’une grande poésie. Durant l’année 2018/2019 elle se met à tresser de nombreuses bobines de ficelle de lin à l’aide d’une pince à linge sans savoir encore ce qu’elle allait en faire. Puis des hommes d’une autre nature ont vu le jour, ce sont les hommes Tressage.